Article APOSTOLIA naissance au Ciel de mère Rafaela

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  • ​​​«Le juste, même s'il meurt avant l'âge, trouve le repos. La vieillesse honorable n'est pas celle que donnent de longs jours, elle ne se mesure pas au nombre des années; c'est cheveux blancs pour les hommes que l'intelligence, c'est un âge avancé qu'une vie sans tache. Devenu agréable à Dieu, il a été aimé, et, comme il vivait parmi des pécheurs, il a été transféré. (...) Son âme était agréable au Seigneur, aussi est-il sorti en hâte du milieu de la perversité.» Sg. 4, 7-14

Le soir du 3 décembre 2015, est née au ciel mère Rafaela, qui a été, comme son nom l’indique, un instrument du Seigneur par lequel Il a donné Sa guérison spirituelle à beaucoup de personnes. Après une lourde souffrance, qui a duré quelques semaines après la découverte de la maladie, mère Rafaela est partie pour le Royaume céleste, à l’étonnement et l’incompréhension de beaucoup.
Son excellence le métropolite Théophane de Moldavie, disait, dans sa parole suivant l’office des funérailles, qui s’est tenu le samedi, 5 décembre 2015, dans l’église de la Naissance de la Mère de Dieu – Talpalari, lors de la fête de Saint Sabas: «Selon la sagesse de Dieu, impénétrable pour la raison humaine, mère Rafaela est partie pour le Royaume des Cieux. Alors que nous, les hommes et toute la communauté, faisions des plans concernant sa mission et que nous la considérions comme un solide pilier au sein de sa communauté, Dieu a trouvé nos plans vains, et Il nous dit: Vos plans ne sont pas les miens, «Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies.» (Isaïe, 55 – 8) Dieu avait envisagé autre chose pour mère Rafaela, Il avait un autre chemin à lui faire emprunter, Il allait lui ouvrir une autre porte.» Monseigneur Théophane a également attiré l’attention des présents sur la parole lue lors de la divine Liturgie, de l’Epître aux Galates, 5,22-6,2 : «ceux qui, parmi vous, ont connu mère Rafaela – et certains, vous l’avez bien connue -, vous allez sûrement la retrouver dans ces paroles énoncées par le saint apôtre Paul, paroles qu’il a voulu poser à la racine de l’âme de tout chrétien de son temps et de tous les temps. Frères, le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi, pureté. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir. Ne cherchons pas la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous enviant mutuellement. Frères, mais dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même car tu pourrais bien toi aussi être tenté. Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la Loi du Christ.»
Mère Rafaela a servi son prochain et a porté le fardeau de ses douleurs sans relâche. Elle a aidé non seulement ceux qui, épuisés par leurs souffrances, venaient chercher du réconfort au monastère de Saint Silouane, mais elle a aussi écouté et accueilli notre appel, des orthodoxes vivant loin de la Roumanie. Elle est venue en France à plusieurs reprises pour des séminaires spirituels, sans ménager ses efforts. Elle nous a éblouis par sa présence entière, chaleureuse et pleine d’amour. Une attention qui n’était pas de ce monde, une présence habitée par la prière et qui faisait naître le désir du Royaume dans les âmes de ceux qui entraient en contact avec elle. Quelquefois, son visage doux et lumineux devenait sérieux, et parfois il semblait dur, mais le Seigneur nous a fait comprendre que cela faisait preuve, d’une part, de sa profondeur spirituelle, et d’autre part, de son désir de se cacher, afin que nous rendions grâce à Dieu pour la guérison, en non pas à elle !
Le métropolite Antoine de Sourozh, que mère Rafaela aimait beaucoup, nous dit, dans son livre La vie, la maladie, la mort : « Et si nous sommes véritablement du Christ, ne comprendrons-nous pas que le but de notre vie ici-bas, dans le cercle étroit des gens que nous rencontrons et connaissons, ou même dont nous ignorons le nom, c’est d’être pour eux les intermédiaires de cette compassion divine, de cet amour divin crucifié, de la miséricorde divine, de la sollicitude divine, de l’intelligence divine, de la vérité et de la tendresse divines ? Si seulement nous adhérons à cela, il se trouvera en nous une raison supplémentaire de prier, du fait que cet amour, cette compassion, dont nous sommes débiteurs envers notre prochain, ne nous appartiennent pas. (…) Nous devons prier pour que cet homme (notre prochain) puisse recevoir à travers nous la pitié de Dieu, et pour qu’il nous oublie et ne se souvienne que de Dieu ; mais si plus tard il se souvient de nous avec reconnaissance et joie, qu’il sache que ce don vient de Dieu, même s’il fut transmis par nous. C’est ce à quoi le Christ fait allusion lorsqu’Il dit : Que votre lumière brille parmi les hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux (Mt 5, 16). Celui qui aura appris à rendre grâces à Dieu ne nous oubliera pas ; mais malheur à nous s’il se souvient de nous et oublie Dieu. » (Métropolite Antoine Bloom, La vie, la maladie, la mort, Cerf, 2012, pp. 156-157).
L’amour de mère Rafaela était véritablement un amour crucifié, elle se consacrait entièrement à la personne qui, troublée et affligée, venait lui demander du soutien et des conseils dans sa recherche du Seigneur. Elle faisait tout dans la discrétion, afin que l’âme qui recevait son aide ne dirige pas vers elle ses remerciements, mais loue le Seigneur. Monseigneur Théophane disait, dans son homélie : « Les nombreuses personnes qui, fatiguées spirituellement, ont cherché un peu de repos au monastère de Saint Silouane, ont trouvé chez mère Rafaela une écoute attentive. Elle avait une réelle disposition pour pénétrer à l’intérieur des âmes épuisées et fragmentées, ce qu’elle faisait avec beaucoup de délicatesse, de discrétion et d’humilité, mais aussi avec beaucoup d’efficacité, car elle réussissait à recoller les morceaux. Ces personnes repartaient édifiées dans leur âme et leur esprit, se sentant beaucoup plus à même de porter la croix de leur vie. (...) En portant ce fardeau, mère Rafaela a faibli de plus en plus et maintenant elle est née au Ciel, mais à notre avis beaucoup trop tôt. Elle était comme un cierge qui a donné beaucoup de lumière autour d’elle, mais qui s’est brûlée elle-même petit à petit, et ainsi ce cierge a terminé son passage dans ce monde. »
Mère Rafaela a entendu l’appel de Dieu de venir à Lui ; ainsi, quelques jours avant son départ pour le royaume céleste, elle a laissé une parole à ses disciples, une parole d’encouragement, en les assurant qu’elle les ne les quitte pas, qu’elle va les soutenir et qu’elle attend qu’ils lui donnent de leurs nouvelles. Ce qui plus est, Dieu a exaucé son désir de communier lors de la fête de Saint Sabas le Sanctifié, qu’elle aimait beaucoup, car elle a communié dans le Royaume.
Seigneur, reçoit l’âme de Ta servante endormie, la moniale Rafaela !
Seigneur, accomplis l’œuvre de mère Rafaela dans nos âmes, fais fructifier les semences qu’elle y a plantées, aide-nous à porter nos fruits afin de ne pas détruire le lien de l’amour !
Nous t’aimons, chère mère Rafaela, maintenant et à jamais !

Ioana Căpităneanu