Beaucoup d’entre nous se sont demandés pourquoi Dieu avait permis

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Très chère mère,

Je voudrais vous demander de nous éclairer sur ce qui est arrivé à mère Rafaela. Beaucoup d’entre nous se sont demandés pourquoi Dieu avait permis tout cela et pourquoi mère Rafaela est tombée malade bien que sa vie fut sainte. Pourquoi a-t-on appris sa maladie alors qu’il était bien trop tard et que finalement elle en est
morte?… Nous savons que Dieu a Ses plans qui ne correspondent pas à nos modèles, ni a nos habitudes mentales et en même temps nous pensons que si nous sommes sages et obéissants nous allons vivre heureux toute notre vie, mais «quand même», comme disait mère Rafaela.

Affectueusement, Cristina

Je vous dois peut-être une parole sur ce qui est arrivé à mère Rafaela!

Je prie notre Dieu de miséricorde de m’illuminer, de me donner des paroles articulées pour que je puisse vous partager quelques unes des significations que Dieu m’a donné dans mon cœur et ma raison, mais en tant que douleur. C’est une douleur pleine, pleine de signification et de sens. C’est une dimension de la douleur dont je n’avais pas encore fait l’expérience. J’ai «crevé de douleur», d’une manière que je n’avais pas encore connue mais j’entrevois une lumière que je n’ai jamais aperçue auparavant. Néanmoins, je ne trouve pas les mots pour en parler, car tout cela ne descend pas au niveau de la pensée. Tout essai de mettre cela en mots se transforme en «Seigneur Jésus Christ…» Quand je suis avec mes moniales ou avec d’autres personnes, Dieu m’aide à trouver les paroles nécessaires pour rester en communion. En fonction de la nécessité du moment, ces paroles sont différentes, car la vie est un mystère sans fin qui  ous demande d’être vécue.
Gloire à Toi, mon Dieu!

Comment Dieu a-t-Il pu permettre cela? Avec douleur et amour!

Dans la maladie et la mort de Rafaela il ne faut pas y voir une punition sur la manière dont elle a vécu sa vie, mais y voir plutôt des dons
que notre raison ne peut pas encore comprendre. Mais notre raison au-delà de la raison peut, elle, les recevoir et les vivre. Demandez au Seigneur qu’Il vous ouvre la porte de cette raison-là et vous allez comprendre et tout accepter avec paix et reconnaissance… et avec douleur. Sans la douleur, nous ne pouvons pas renaître à cette nouvelle vie et à cette nouvelle compréhension. Oui, le Seigneur nous a caché la maladie de Rafaela, et on l’a découverte quand il était trop tard pour qu’elle puisse en guérir, mais pas trop tard pour qu’elle soit une occasion pour une rencontre encore plus ardente, plus vivante, plus profonde avec Lui et avec nous-mêmes. Rafaela a appris, dans sa courte vie monastique, à être obéissante, et par son obéissance, elle a reçu le don de la vie sans se poser de questions, vie qu’elle
a vécue pleinement, dans le bien et le mal, avec le Seigneur! Et elle a goûté à la joie que personne ne peut nous enlever! Et maintenant, nous espérons qu’elle vive cette Joie en plénitude!
Rafaela elle-même nous a caché sa maladie pour être plus longtemps avec nous et nous montrer son amour. Après son départ, elle nous a souri avant d’être recouverte des vêtements monastiques pour l’enterrement et puis, elle a écouté l’ordre de retourner à la terre, terre dont nous avons tous été créés. De cette manière, elle a abandonné la dernière possibilité de se vanter. Avec l’aide de Dieu, elle a ainsi vaincu ce grand ennemi! La mort n’était plus pour elle un ennemi, mais une porte de passage vers le repos promis par Dieu. Elle s’était déjà trop attardée, par amour pour nous, même au-delà des peu de forces qui lui restaient. Oui, le Seigneur a d’autres pensées que les nôtres, mais «Ses plans» sont les mêmes que les nôtres. Nous, dans le secret de notre cœur, nous œuvrons toute notre vie à Son  «plan» pour nous sauver et nous accueillir dans le Royaume de la joie éternelle, malgré la résistance de l’homme ancien! Celle-ci est une œuvre mystérieuse de notre cœur; une œuvre que la raison, accrochée intimement à la survie, ne peut et ne veut point connaître. C’est un mystère qu’on se doit de vivre et de garder en silence et dans la prière. Ouvre, Seigneur, les yeux de notre cœur, pour qu’il puisse voir les choses cachées à nos yeux, ou, tout de moins, pour qu’ils puissent croire à ceux qui ont compris cela et nous ont illuminés
de par leur enseignement!

Viens, Seigneur, au secours de tous Tes enfants, pour qu’ils gardent leur pensée en Toi et avec Toi, et non pas attachée aux biens terrestres!

Je vous remercie et je vous embrasse avec amour et prière,

Mère Silouana